Championnats du Monde Rome 09
Notre directeur technique national Dominique Delon fait la synthèse de ses observations sur les deux tournois (masculin et féminin) lors des Championnats du Monde Sénior de water-polo à Rome en août 2009.
Classement du tournoi
masculin des CM 2009 (16 équipes)
1-Serbie 2- Espagne 3- Croatie 4- USA 5-Hongrie
6- Allemagne 7- Roumanie 8-Canada
9- Monténégro 10-Australie
11- Italie 12- Chine 13- Brésil
14- Macédoine 15-Afr. du Sud 16-KZH
Rappel du classement des JO 2008 (à Pékin) - 12 équipes
1-Hongrie 2- USA 3-Serbie 4- Monténégro 5-Espagne 6- Croatie 7-Grèce 8- Australie
9- Italie 10 - Allemagne
11-Canada 12- Chine
Rappel du classement des CE A 2008 (à Malaga en juin 2008) - 12 équipes
1-Monténégro 2- Serbie 3-Hongrie 4-
Croatie 5-Italie 6- Allemagne 7-Espagne 8- Macédoine
9- Roumanie 10 - Russie 11-Grèce 12- Slovaquie
Classement du tournoi
féminin des CM 2009 (16 équipes)
1-USA 2- Canada 3- Russie 4- Grèce
5-Hollande 6- Australie 7- Hongrie
8-Espagne
9- Italie 10-Allemagne
11- Chine 12- NZL 13- Brésil
14- KZH 15-Ouzbékistan 16-Afrique
du Sud
Rappel du classement des JO (août 2008 à Pékin)- 8 équipes
1-Hollande 2- USA 3-Australie 4- Hongrie
5-Chine 6- Italie 7-Russie 8- Grèce
Rappel du classement des CE A 2008 (à Malaga en juin 2008) - 8 équipes
1-Russie 2-
Espagne 3-Hongrie 4- Italie 5-Hollande 6- Grèce 7-Allemagne
8- France
Commentaires communs aux deux
tournois des CM 2009.
- Une compétition majeure comme les championnats
du monde organisée dans l'année post olympique réserve toujours son lot de
surprises et les équipes alignées sont souvent loin voire très loin de celles
présentes au Jeux Olympiques. La «dépression» post olympique existe
et le Monténégro (champion d'Europe 2008 et 4ème aux JO) en est un
exemple (9ème à ROME en Messieurs). La Chine chez les Dames (5ème aux JO avec une équipe très jeune qui avait été championne du monde juniors
l'année précédente-2007) ne termine que 11ème. L'Italie tant chez
les Messieurs que chez les Dames se retrouve très loin dans les classements,
malgré une organisation «à la maison». Une grosse déception pour la
fédération organisatrice de ces CM 2009 qui espérait certainement
«mieux» pour ses deux équipes de water polo.
- Le continent
européen poursuit la domination de cette discipline, même si chez les Dames
la balance penche davantage pour les Anglo-saxonnes. 7 des 10 premiers sont
européens chez les Messieurs (dont 100% du podium). Idem chez les Dames (7 dans
les 10 permiers) mais les deux premiers sont USA et Canada, le bronze étant
pris par le champion d'Europe 2008 (la Russie). Chez les Dames, on notera les progrès de la Grèce (4ème), la
chute de l'Italie (9ème)et de la Chine (11ème). Le
renouveau de la Hollande (le champion olympique 2008 a renouvelé 50% de son
effectif) et obtient quand même une méritoire 5ème place. L'Espagne,
reprise par Juan Jane, est aussi une équipe jeune et sera au rendez vous de la
qualification olympique dans 3 ans. Chez les Messieurs, le champion olympique a aussi renouvelé son effectif et
se retrouve à la même 5ème place que la Hollande chez les Dames. Le
champion d'Europe en titre (Monténégro) s'est laissé «surprendre»
par l'Allemagne pour terminer à une décevante 9ème place. Les bonnes
surprises sont l'Espagne (2ème), le Canada (8ème) et
l'Allemagne (6ème). La Serbie remporte le «premier» titre
senior depuis sa séparation avec le Monténégro et l'éclatement de l'ex
Yougoslavie. Grâce à un parcours exceptionnel (voir plus loin).
- Si le renouvellement
des effectifs fait partie de la vie et de l'évolution des collectifs, celui
des entraîneurs et des staffs est aussi très souvent soumis aux résultats
des équipes. Les entraîneurs «paient la note» et ceux de l'Italie,
comme d'autres (Roumanie) ont passé la main. Juan Jane a quitté la Chine (Dames)
qui espérait une médaille pour ses filles à Pékin (5ème) et a rejoint l'Espagne Dames jusqu'en 2012
dans l'espoir de la même réussite que celle qu'il a eue avec les Garçons ...
- Très peu d'équipes sont capables de monter
successivement et durablement sur tous les podiums des grandes compétitions deux années de suite. Chez les Messieurs, seule la Serbie est sur le podium des trois
grands événements majeurs de 2008 et 2009 (sans oublier la Ligue Mondiale
remportée en 2008 et 2009 et les Jeux Méditerranéens en juin 2009 à PESCARA).
Chez les Dames les USA sont aussi une
valeur sûre et sont montées sur tous les podiums (Ligue Mondiale compris), la Russie
ayant «seulement» raté ses Jeux Olympiques (7ème) (en
ayant pourtant remporté et la Ligue Mondiale 2008 et les CE «A» 2008
à Malaga). Cela prouve la difficulté des
tableaux de sports collectifs (tour préliminaire et tour final) et la
nécessité de ne pas passer à côté d'un match de toute phase finale (des 1/8ème en passant par les ¼ et les ½ sans oublier les matches pour les médailles).
- Par contre on note quand même une belle permanence et régularité des
meilleur(e)s équipes mondiales dans les ¼ de finale (8 meilleurs mondiaux) Chez
les Messieurs:
Serbie/Espagne/Croatie/USA/ voire Monténégro (qui a raté ses CM à ROME -9ème - mais dont l'équipe est «jeune») sans oublier l'Australie qui est en progrès et n'est pas
très loin non plus. Chez les Dames la présence des anglo-saxonnes au plus haut niveau est aussi remarquable:
USA/CANADA/AUSTRALIE aves les européennes que sont la Hongrie, la Russie,
l'Italie, la Grèce et bien sûr la Hollande (qui fait son grand retour).
- Autre nouveauté: le format des compétitions mondiales (et bientôt européennes) qui
s'étale à présent sur 14 jours (un jour de repos entre chaque match - en
alternance Messieurs et Dames) et qui nécessite une gestion particulière de
chaque match et de la gestion du temps entre les matches. Ces habitudes ne sont
pas encore complètement rentrées dans les esprits et les organismes. Sans
parler des budgets....
- Cela a pour conséquence une optimisation de tous
les facteurs liés à la performance et donc des
staffs de plus en plus étoffés: statisticien, analyse vidéo,
préparateur physique, psychologue, kinésithérapeute, ostéopathe, docteur,
etc....sans parler des entraîneurs assistants et ceux des gardiens... Au minimum 6
à 8 personnes autour de l'équipe.
- La présence
conjointe des mêmes pays dans les 8 à 10 meilleurs mondiaux chez les Messieurs et chez les Dames n'est pourtant
que l'apanage de certains (USA/Australie/Hongrie/Italie/Grèce et à un degré
moindre Espagne et Russie). Elle nécessite un très fort investissement humain
et financier et une vraie culture, tant chez les Messieurs que chez les Dames.
Souvent certains pays ne peuvent «briller» que dans une équipe ... au
détriment de l'autre. Car aujourd'hui la professionnalisation des pratiques est
telle que la participation et la préparation des multiples objectifs chaque
année exige une mise de fonds financière très importante.
- La «montée
en régime» des meilleurs, qui n'arrivent pas toujours au maximum de
leur préparation terminale en début de tournoi,
a failli coûter leur place à certains dans le tour final. Chez les
Messieurs la Serbie a perdu un match et fait un nul (sur trois matches) dans le
tour préliminaire. Chez les Dames aussi USA et Canada ont perdu des points dans
le tour préliminaire...
- Tous les matches
à enjeu de ces championnats du monde se sont pour la plupart terminés par
des écarts minimes (1 à 3 buts quand ce ne sont pas les prolongations et les
séries de pénalties qui ont fait la différence). La formule avec un tour de 1/8ème finale est aussi très piégeuse et nécessite de jouer pour ces équipes un match
supplémentaire. De la fatigue qui parfois s'accumule en fin de tournoi quand il
s'agit de faire la différence sur un but.
- Le choix et l'ordre des tireurs (et tireuses) de
pénalties doivent aussi être mûrement réfléchis en amont des matches du
tour final (voir la finale Garçons).
- Les deux tournois nous ont permis de mesurer le
rôle de l'impact physique dans les duels devenus la «base» de
ce sport aquatique d'opposition, que ce soit tout au long d'unmatch ou pour réaliser
un tel parcours sur 14 jours. Le water polo d'aujourd'hui nécessite des
qualités physiques et une préparation de très haut niveau. Sans ce bagage incontournable, aucune chance
de rentrer dans les 8 meilleures équipes du monde tant chez les Dames que chez
les Messieurs. Personne ne peut plus faire l'économie de ce travail en espérant
quele travail tactique pourra «compenser» cela....C'est bien à
des athlètes de très haut niveau que ce sport s'adresse aujourd'hui.
Commentaires sur le tournoi masculin des CM 2009
- Serbie (1er): malgré une défaite
en poule contre l'Espagne (9 à 11) le premier jour, et un match nul contre l'Australie
(8 à 8) lors du 3ème match de poule, la Serbie s'est ensuite mise en
ordre de marche et a battu toutes les «grosses écuries» (Italie 7 à
5 chez elle - ce qui n'est jamais facile- en 1/8ème)(Hongrie 10 à 9
en ¼)(Croatie 12 à 11 en ½) et enfin a pris sa revanche en finale contre
l'Espagne, au terme d'une rencontre qui restera comme une des plus belles de
ces dernières années avec la finale des JO 2008 à Pékin (Hongrie- USA). Un
titre donc amplement mérité qui s'est construit grâce à un collectif
remarquable et des individualités dont certaines ont été déterminantes dans les
moments «clés» (money time - prolongations ou pénalties par
exemple). La Serbie a aussi construit sa victoire sur une défense
extraordinaire et un axe gardien (Soro)/défenseur central (Udovicic)/pointe- exceptionnel. Mais aussi sur une technique
infaillible dans tous les secteurs. Et ce malgré le retrait des
«stars» des JO 2008 que furent les Vujasinovic, Sapic, Savic, Sefik, Ciric.... sans
oublier l'arrêt sur accident de Ikodinovic. Ce fut aussi la confirmation des
talents que sont Udovicic (capitaine - 18 buts), Filipovic (gaucher- meilleur
buteur des CM avec 20 buts) et Prajlainovic (12 buts) tous les deux nés en
1987. Des qualités physiques exceptionnelles.
- Espagne (2ème): une belle
surprise et à la fois la confirmation d'une grande équipe bien dirigée par
Rafaël Aguilar. Cette équipe a peu changé depuis 2008 et reste très compétitive
à tous les postes qui sont doublés voire triplés comme la Serbie. Si Ivan Perez
à 37 ans n'est plus aussi performant qu'à ses plus beaux jours, il est resté un
capitaine exemplaire et utile dans certains moments clés. Des joueurs comme
Molina, Perrone, et surtout le gaucher Garcia (18 buts) ont fait la différence
dans les matches à enjeu, chacun à leur tour. Vitesse, vivacité technique et
solidarité sont les marques de fabrique de cette belle équipe d'Espagne.
- Croatie (3ème): l'équipe de Ratko
Rudic gagne «quand même » le bronze. Après la médaille d'or de Melbourne
en 2007, le rêve de conserver ce titre s'est envolé en ½ finale face aux
Serbes. Mais la 4ème place des CM 2005
(Montréal), la 4ème des CE «A» 2008 à Malaga, la 4ème des Jeux Méditerranéens 2009 et la 6ème place des JO 2008 ne sont
plus qu'un mauvais souvenir . C'est une équipe où les joueurs d'expérience et
de talent ne manquent pas (Hinic, Boskovic, Barac). Les Croates ont toujours eu
un excellent gardien (Pavic), mais il
leur manque un petit peu plus de discipline collective à certains moments clés
(qui leur a coûté cher), chacun voulant régler le sort de l'équipe à lui tout
seul. A la différence des Serbes beaucoup plus disciplinés et patients.
- USA (4ème): les Américains ont
confirmé d'une certaine façon que leur médaille d'argent des JO 2008 n'était
pas usurpée. La défaite en ½ finale contre l'Espagne (6 à 7) et face à la
Croatie (6 à 8) pour la médaille de bronze prouvent les progrès de cette nation
qui existe dorénavant aussi chez les Messieurs (les filles sont double
championnes du Monde 2007 et 2009 et vice championnes olympiques). Le duo
d'entraîneurs Schroeder/Lynn fonctionne bien épaulée par une équipe d'encadrement très professionnelle.
Tous les postes en jeu sont aussi doublés et bon nombre de joueurs cadres
évoluent en EUROPE dans les grands clubs italiens, croates ou serbes...Tony
Azevedo (12 buts) dans le champ et E.Moses dans les buts ont aussi permis de
faire la différence, même si leur parcours a semblé plus facile que d'autres,
le tableau s'étant dégagé suite à une première place du groupe D (ROM/ITA/MKD)
et la victoire surprise en 1/8ème de finale de l'Allemagne face au
Monténégro qui leur permettait de jouer en ¼ l'Allemagne (8 à 5) et pas le MNE.
Mais on reverra ces Américains qui semblent portés par la vague olympique et
le bon travail de fond effectué lors du
passage de Ratko Rudic de 2000 à 2004.
- Hongrie (5ème): une partie de la
génération «dorée» (triple championne olympique) s'étant retirée
(Kasas, Benedek, etc...), le rendement de l'équipe en a quand même été modifié!
Si les Serbes ont su rebondir (après la séparation de la Serbie et du
Monténégro en 2007) et retrouver les podiums mondiaux en tant qu'entité
«serbe», les Hongrois n'ont finalement eu que la
«malchance» de tomber sur la Serbie en ¼ (9 à 10 après
prolongations). Les matches de classement n'ont été ensuite que des
«formalités» (Roumanie et Allemagne). Une seule défaite dans ces
championnats du monde pour une 5ème place! C'est la dure loi du sport et du tirage au
sort des groupes de départ. La virtuosité technique reste cependant une des
marques de fabrique de cette équipe qui double voire triple tous les postes. Un
bon mélange d'anciens comme Biros, Kiss
et Madaras (les deux gauchers) et de «nouveaux» (Hosnyanski), très
talentueux. On les reverra très vite sur les podiums. Kemeny restant à la tête de l'équipe jusqu'en
2012;
- Allemagne (6ème): la
«perf» de ces CM pour des Allemands qui auront sorti les champions
d'Europe 2008 (Monténégro) en 1/8ème de finale (9 à 8). Grâce à un
gardien toujours exceptionnel à plus de 40 ans (Tchigir) et une solidarité qui
a fait «douter» une équipe de jeunes talents monténégrins (Nikola et Mladjan Janovic,
Ivovic, etc...) qui devra apprendre à ne pas «sous estimer» ses
adversaires. Des joueurs comme Politze (30 ans) et Savic ont aussi très
réguliers dans cette équipe d'Allemagne toujours placée lors de la dernière
olympiade (8ème à Melbourne en 2007, 6ème à Malaga, mais
seulement 10ème aux JO à Pékin).
- Roumanie (7ème): les Roumains
confirment leur potentiel déjà entrevu aux Euros A de Belgrade en 2006 (4ème),
à la Ligue Mondiale en 2007 (6ème) et après la désillusion de la non
qualification aux JO de 2008 (malgré un TQJO chez eux à Oradea).A Rome, ils ont
résisté à toutes les grosses écuries (USA 5 à 7, Croatie 5 à 7), mais surtout battu
l'Italie chez elle (6 à 5). Certes ils ont moins de densité à tous les postes
que les équipes devant au classement. Le gaucher (Radu)et le gardien
(Stoenescu) ont permis de battre l'Australie en 1/8ème de finale (7
à 5) et de se retrouver dans les 8 meilleures équipes du monde. Un entraîneur
hongrois a remplacé Vlad Hagiu après le fiasco d'Oradea 2008. La recette semble
fonctionner.
- Canada (8ème): une autre
«belle» surprise de ces CM. C'est la première fois que les
Canadiens rentrent dans le top 8 mondial . Ils confirment ainsi leur récente
participation aux JO de 2008 (11ème). L'équipe dirigée par le serbe
Dragan Jovanovic est (très) jeune et en progrès constants. L'exploit du 1er tour aura été de battre l'Allemagne (5 à 4), pour finir à la seconde place du
groupe A, évitant le Monténégro en 1/8ème de finale pour «seulement»
battre la Chine (9 à 5) comme à Pékin et rentrer dans les 8. En ¼ l'équipe aura
fait douter l'Espagne (en menant d'abord 4 à 1, puis en prenant ensuite 10 à 0)
pour un score final un peu sévère de 4 à 11. Dommage qu'il manque une vraie
pointe à cette équipe qui a fait et fera encore souffrir du monde sur le
circuit.
- Monténégro (9ème): la grande désillusion de ces CM 2009. Le champion
d'Europe en titre 2008 (Malaga) est passé à travers son match contre
l'Allemagne en 1/8ème de finale (8 à 9). Les Nikola et Mladjan
Janovic, Ivovic, etc... devront à mieux gérer ce genre de match
«piège» en ne sous estimant pas leurs adversaires. Le scénario a
ensuite failli se reproduire contre l'Australie pour le match de classement de
9 et 10, le Monténégro marquant 3 buts dans les deux dernières minutes pour l'emporter de justesse 8 à 7. L'équipe de
Petar Porobic sera certainement sur de nombreux podiums dans les prochaines
années mais cette «expérience» malheureuse des CM 2009 devrait être
un «mal pour un bien». L'avenir nous le dira. Mais le réservoir du
Monténégro est important (Champion d'Europe juniors 19 ans en 2008 à Istanbul),
2009 ayant aussi permis à Jadran Herceg Novi d'être le premier club monténégrin
à remporter l'Euro League!
- Australie (10ème): sans la
défaite en 1/8ème de finale contre la Roumanie (5 à 7), cette équipe
aurait confirmé sa place dans les 8 meilleures équipes du monde (8ème à Pékin). Elle manque cependant de régularité, son effectif étant un peu juste
sur le «banc». Des joueurs d'expérience (Thomas Whalan) et quelques
lacunes de technique individuelle chez certains rendent les choses plus
difficiles face aux grandes nations aux défenses et aux gardiens intraitables.
Les joueurs font souvent jeu égal dans le combat physique mais les situations à
«enjeu» et le money time
n'est pas la spécialité de l'Australie qui a un petit déficit de culture en la
matière. Richard Fox (ex joueur emblématiquede l'Australie) est resté le
coach pour la prochaine olympiade.
- Italie (11ème): cette grande
nation du water polo (double championne du monde et triple championne olympique)
n'a jamais été aussi mal classée dans un grand championnat depuis la création
des CM en 1973 (9ème en 1982 à Guayaquil). La 9ème place
des JO 2008 a coûté sa place à Paolo Malara, remplacé par Alessandro Campagna.
Ce dernier a renouvelé une bonne partie de l'équipe, ne conservant que certains
cadres (Tempesti - élu meilleur gardien du tournoi, Calcaterra, etc.. ). Devant
un public tout acquis à sa cause, l'Italie n'a pu éviter deux très courtes
défaites d'un but (USA 8 à 9 et ROM 5 à 6) dans le tour préliminaire. En 1/8ème de finale c'est la grande Serbie qui a eu du mal à se défaire de cette
«nouvelle génération» (7 à 5) avant de connaître la consécration
finale. Campagna a 3 ans pour préparer la qualification aux JO de Londres 2012.
Après la Grèce, voilà un nouveau challenge pour ce joueur emblématique du
«Settobello»
- Chine (12ème): Le même classement qu'aux JO
de Pékin (12ème sur 12) grâce à une seule victoire (contre le Brésil
en poule 9 à 5). Le niveau de la Chine comme des équipes classées derrière
elle, est assez éloigné des standards internationaux. Deux ou trois joueurs
sortent un peu du lot mais le niveau technique reste faible et les gabarits
chinois ne sont pas ceux des Serbes, des Croates ou des Australiens. L'effet JO
se sera assez vite estompé.
- Brésil (13ème): condamné à jouer
la poule de 13 à 16 ayant perdu la Chine (5 à 9) dans le groupe B, le Brésil a battu difficilement l'Afrique du
Sud (8 à 7) avant de battre aussi la
Macédoine (8ème européen en 2008) 16 à 15 après prolongations et
pénalties! Une certaine virtuosité technique chez certains brésiliens,
mais ces équipes de la fin de tableau sont vraiment très hétérogènes dans leur
composition!
- Macédoine (14ème): placée dans le
groupe avec la Roumanie (4 à 6 le premier jour), les USA (6 à 13 le second), la
Macédoine jouait sa place dans les 12 premiers face à l'Italie. Poussés par
7000 spectateurs, les Italiens n'ont pas craqué (12 à 5) reléguant cette équipe
de l'ex Yougoslavie dans la poule de 13 à 16. Où elle est venue facilement à
bout du Kazakhstan (11 à 4° grâce à de nombreux bons joueurs serbes naturalisés
(Milic et Kristic 11 buts chacun). Mais combien de temps des pays comme la
Macédoine réussiront ils à se maintenir à ce niveau, en sachant qu'ils
n'existent pas de championnat de Macédoine et que ces joueurs (déjà âgés pour
certains) évoluent dans les championnats étrangers (italien, serbe, etc..).
Demain la Bosnie, ou pourquoi pas la Géorgie (ex république d'URSS..)?
- Afrique du Sud (15ème): le
représentant du continent africain n'a battu que le Kazakhstan pour la place de
15ème. De gros écarts avec les 3 équipes de sa poule (A) avant de
résister au Brésil (7 à 8). L'AFS va essayer de continuer à jouer les
compétitions majeures via les quotas de qualification continentaux pour aller
aux JO de 2012, en sachant que l'Egypte sera peut être l'autre prétendant à
cette qualification pour LONDRESpour l'Afrique !
- Kazakhstan (16ème):
l'autre représentant du continent asiatique derrière la Chine n'a pas gagné un
match! 4ème de la poule C derrière l'Espagne (5 à 11), la
Serbie (3 à 20) et l'Australie (7 à 11), elle n'aura pas réussi la Macédoine (4
à 11) ni l'Afrique du Sud (5 à 6). Une équipe composée «à la va
vite» avec de très jeunes joueurs et deux ou trois joueurs cadres.
Conclusions du tournoi masculin :
- La dimension
physique (surtout chez les garçons) est aujourd'hui la base
de départ de toute velléité de progrès. Les moyennes de taille des équipes du
TOP 8 sont aux alentours de 190 à 195 cm. Les moyennes de poids aux alentours
de 92 à 95 kgs (sur 13 joueurs).
- La vitesse
d'exécution fait aussi partie des composantes du très haut niveau, car elle
permet de résoudre les contraintes d'espace-temps imposées par le pressing, la
mobilité et la hauteur des défenses. Le niveau technique doit être
irréprochable, ce qui fait la différence entre les pays à forte culture
(Balkans et Hongrie) et les autres. Ce sont des milliers d'heures de
répétitions qui permettent la précision, la coordination, la vitesse que nous
reconnaissons aux meilleurs joueurs du monde....
- Le rôle
des gardiens et de la capacité à bien défendre reste primordial, ce qui
nécessite là aussi des joueurs d'expérience à ces postes clés et notamment
plusieurs défenseurs pointes. Mais tous
les joueurs doivent être capables de défendre «provisoirement» en
pointe (s'ils se font rentrer). Ne pas prendre (trop) de buts est un gage de
réussite à terme, car en marquer est devenu très compliqué. Les (petits) scores
en sont la preuve actuelle.
- La capacité
des équipes à «surpasser» les bras contreurs (rôle de la
nouvelle règle en la matière qui supprime le corner) et à transpercer les
défenses se base sur une capacité au tir qui doit être répartie sur toute la périphérie du jeu (d'où l'importance des
gauchers sur le côté droit). Des appuis très solides et beaucoup de mobilité
balle en main (pour avancer ou reculer sous la pression)(rôle des glissés
latéraux, de l'avancée balle en main en maintenant le danger). Le rôle de la
technique individuelle prend là tout son sens.
- Le besoin pour rentrer dans la course aux
médailles de pouvoir compter sur des
joueurs «exceptionnels» , capables de débloquer les situations notamment dans le «money
time» (surprendre par un geste technique, un enchaînement, un coup franc
direct, etc...). Udovicic ou Filipovic (Serbie), Molina, Garcia ou Perrone
(Espagne), Boskovic (Croatie), Azevedo (USA) ou Kiss (Hongrie). Ceci est
particulièrement valable chez les Garçons (et à un degré moindre chez les
Filles où la notion de «collectif» est encore significative)
- Un arbitrage globalement bon tout au long de ce tournoi qui n'a pas influé sur les résultats.
La finale Messieurs a été arbitrée magistralement par la paire Margeta
(Slovénie) et Gokanov (Azerbaïdjan). Cela a aussi contribué à la qualité
exceptionnelle de cette finale.
- Un tournoi masculin où tous les matches concernant les 10/12 premiers
ont été assez serrés. Il n'y a plus
de match «facile». Sur un match, l'exploit reste possible. Sur 7
matches il n'y a plus de «hasard». Par contre la gestion quotidienne et la préparation de chaque match est devenue
très «pointue» (logiciels d'analyse de plus en plus performants).
Les USA, le Canada, l'Australie, les pays anglo-saxons ont de l'avance en la
matière. Car c'est aussi une culture de l'observation et des statistiques dont
l'Europe n'avait pas besoin quand elle dominait «le monde du water polo
masculin». Les USA ont su réduire l'écart. L'heure est aussi aux
nouvelles technologies.
Commentaires sur le
tournoi féminin des CM 2009
- USA (1er): conserver un titre
n'est jamais chose facile dans un sport collectif. Les Américaines ont réussi
cet exploit grâce à une équipe expérimentée (Brenda Vila capitaine - triple
championne du monde), qui a raté le titre olympique en 2008, mais qui à ce jour
est médaillé d'or aux CM (2003-2007-2009). Un collectif exceptionnel (postes
triplés) où chacune des joueuses sait exactement ce qu'elle a à faire avec une
grande discipline collective et une prise de responsabilité partagée (aucune
américaine dans les 12 meilleures buteuses!). Chaque match est préparé
avec beaucoup de minutie (solutions en Z+/Z-, défenses prioritaires). Toutes
les joueuses sont régulièrement amenées à tirer et la répartition des buts est
collégiale. Beaucoup de solidarité (notamment défensive) et une préparation
physique irréprochable ont permis «d'aller au bout» et de retourner
des situations parfois très compromises (en 1/2 finale contre la Grèce par
exemple - match finalement gagné 8 à 7 grâce à une 4ème période
incroyable ou en finale contre le Canada finalement gagnée 7 à 6). Heather
Petri et Kameryn Graig (pointe) font partie du «sept» de ces CM 2009.
Mais la gardienne a été très régulière et Brenda Vila l'exemple de cette équipe
dont la moyenne d'âge est de 26 ans. Elles essaieront de ramener le seul titre
qui leur manque: l'or olympique en 2012. La relève est prête (bronze aux
CM 18 ans en Russie en 2009)
- Le Canada (2ème): une vraie belle
surprise. Son meilleur classement depuis la création des CM pour les Filles. Une
finale magnifique et à rebondissements
contre les USA qui aurait pu tourner à leur avantage. Une gardienne
exceptionnelle (Rachel Riddell - élue meilleure gardienne du tournoi), une pointe
(Krystina Alogbo - élue dans le «sept» des CM) et une gauchère
(Dominique Perreault) (14 buts) très efficace. Beaucoup d'enthousiasme et de
professionnalisme pour préparer chaque match. La Hongrie en ¼ (9 à 7), la
Russie en ½ (8 à 7) et une courte défaite en finale (6 à 7). Pat Oten
(l'entraîneur) aura là une base de travail très intéressante dans la
perspective des JO de 2012 où le Canada cherchera à faire mieux que 5ème (Sydney) ou 7ème (Athènes). L'équipe est jeune et encore
perfectible. La culture (et la politique sportive) du Canada en matière de
water polo féminin sont «fortes», comme tous les sports collectifs
féminins chez leurs consœurs Anglo-saxonnes (USA et Australie).
- La Russie (3ème): le champion
d'Europe 2008 arrache cette médaille de bronze à la Grèce dans les dernières
secondes du match. Comme à Barcelone (2003), c'est pour le moment le meilleur
classement aux CM depuis leur création. L'entraîneur Alexander Kabanov (ex
entraîneur des A Garçons) a remplacé Kleimenov, évincé après la 7ème place olympique à Pékin. Le potentiel de cette équipe est (très) important et
le palmarès dans les grands championnats, tant chez les juniors que chez les
seniors lors des cinq dernières années (2005 à 2009) l'atteste. Reste à mieux
négocier les matches «à enjeu» pour accéder à l'or et éviter les
accidents de parcours. Le collectif prime sur les individualités dans cette
équipe très complète et très homogène (aucune buteuse dans les 12 premières).
Mais tous les postes sont doublés voire triplés.La défaite en ½ finale contre
le Canada (7 à 8) est le seul «faux pas» et la seule défaite de ces
CM 2009. La Russie avait même battu les USA dans le tour préliminaire (11 à
10). On les retrouvera en 2012 dans la course à cet or qui leur manque aussi.
Leur équipe 18 ans est championne du monde en 2009 (en Russie)!
- La Grèce (4ème): quel
parcours! une médaille n'aurait pas été imméritée, compte tenu de la
prestation exceptionnelle de cette équipe tout au long du tournoi. Après un
tour préliminaire très difficile (2 défaites Russie 9 à 14 et USA 8 à 12),
l'équipe comme la Hollande aux JO de 2008, a joué en «perf» match
après match (ITA 10 à 9 en 1/8ème - AUS 4 à 3 en 1/4 ) avant de s'incliner en ½ finale contre les USA (7 à 8) et
la Russie (9 à 10) pour le bronze. Un état d'esprit exceptionnel, une
solidarité défensive à toute épreuve et deux ou trois joueuses qui ont su faire
la différence (Gerolimou - 2ème buteuse du tournoi avec 16 buts).
L'équipe est encore «jeune» et en progrès constants. On la reverra
bientôt.
- La Hollande (5ème): après le
sacre olympique de 2008, à la surprise générale, l'entraîneur s'est retiré,
laissant sa place à l'italien Maugeri. Une partie des joueuses cadres
(trentenaires) s'est arrêtée et le renouvellement de l'effectif s'est fait sans
trop de problème comme le prouve cette 5ème place. La Hollande a une
vraie culture de water polo féminin. Van Belkum, certainement la meilleure
joueuse du tournoi (dans le «sept» mondial) et la meilleure buteuse
(25 buts quand la seconde en a marqué 16....) a été la grande dame de cette
équipe, dans les moments difficiles. Les sœurs Cabout (14 buts pour l'aînée),
les gauchères, etc...ont permis de faire un parcours honorable en battant
notamment la Hongrie (10 à 9) et l'Australie (12 à 11) pour les places de 5 à
8. La seule défaite est celle face aux Russes (7 à 9) en ¼ de finale! En
poule c'est le match nul (15 à 15) face à l'Espagne et la différence de buts
qui les prive d'une qualification directe en ¼. Vice championnes du monde
junior (18 ans) en 2009, les Hollandaises ont le potentiel pour retrouver leur
lustre d'antan.
- L'Australie (6ème): l'équipe
médaille de bronze à Pékin s'est faite surprendre en ¼ de finale par la Grèce
(3 à 4) et a montré ses limites «techniques» lors de ce match (3 buts
sur 33 tirs et 1 sur 5 en Z+!!), la Grèce ayant construit son succès sur
une défense héroïque. Elle s'est reprise dans le tableau de 5 à 8 face à
l'Espagne (8 à 7) avant de perdre face à la Hollande 11 à 12 pour la 5ème place. Des gabarits très impressionnants chez les Australiennes mais un niveau
technique insuffisant pour inquiéter réellement les meilleures, d'autant que
certaines joueuses (trentenaires) se sont arrêtées après PEKIN. Emma Knox (13
buts) est la meilleure buteuse d'une équipe solide et homogène, mais qui a paru
«limitée». La génération 87 est pourtant championne du monde 20 ans
en 2007. Les 91 (18 ans) ont fini 7ème aux CM en Russie en 2009.
L'Australie reste la première nation championne olympique en 2000.
Culturellement cela compte, tout comme la 4ème place d'Athènes et la
3ème de Pékin. Vice championnes du monde en 2007 (à Melbourne) et 6ème en 2005, elle n'a jamais quitté les podiums et les 6/7 premières places
mondiales.
- La Hongrie (7ème): l'équipe
championne du monde 2005 (à Montréal) s'est laissé surprendre en ¼ de finale
(par le Canada 7 à 9) et la Hollande (9 à 10) pour les places de 5 à 8, avant
de battre l'Espagne pour la 7ème place (11 à 6). 4ème à
Melbourne (2007), 4ème à Pékin (2008), 6ème à Athènes
(2004), absente à Sydney (2000), le double médaillé d'or (2001 et 2003) et de
bronze (2006 et 2008) aux Euros A s'est éloigné des podiums. Les changements
d'entraîneurs successifs n'y auront rien fait. Pourtant la relève est là (vice
championne d'Europe Juniors 17 et 19 ans
en 2008), sur la plupart des podiums européens et mondiaux chez les jeunes, la
Hongrie semble traverser une période un peu délicate chez les filles. Mais la
culture reste forte et nous la reverrons très vite sur les podiums.
- L'Espagne (8ème): régulièrement présente
dans les classements de 5 à 8 des compétitions européennes et mondiales chez les jeunes (meilleur classement = 3ème à
Patras en 2007 pour les Euros 18 ans - nées en 89), l'Espagne progresse
régulièrement dans les classements «seniors» (11ème en 2005 à
Montréal, 7ème en 2007 à Melbourne). Le travail entrepris pour les filles,
après les succès des garçons (avec Juan Jane puis Aguilar), semble porter ses
fruits, grâce aux regroupements
effectués dans le centre national à côté de Barcelone et une vraie dynamique pour le water polo
féminin. Le recrutement de Juan Jane est aussi le signe d'une vraie volonté de
faire un «bond qualitatif» dans les classements.
- L'Italie (9ème): la grande déception pour
le pays organisateur de ces CM 2009, incapable de se hisser dans le dernier
carré. La défaite contre la Grèce en 1/8ème de finale (9 à 10) a
scellé le sort d'une équipe où sont restées quelques anciennes (Di Mario - 13
buts, etc..), encore marquées par leur échec pékinois (6ème). Les victoires contre la Chine (9 à 5 et face
à l'Allemagne 12 à 3 dans la poule de 9 à 12 n'y ont rien changé). Pourtant
l'Italie, double championne d'Europe junior (17 et 19 ans) en 2008, peut
compter sur un réservoir de joueuses important. Mais pas encore suffisamment
expérimentées pour ce niveau de jeu chez les seniors. Dernier (8ème)
de la Ligue Mondiale 2009, cette équipe assez hétérogène devra rapidement se
remettre en ordre de marche pour retrouver les phases finales et les podiums
mondiaux en seniors. Avoir été champion olympique (en 2004) et double championne
du Monde (1998 et 2001), cela donne des «obligations»....
- L'Allemagne (10ème): elle est à sa place dans le contexte actuel. Sa
7ème place des Euros A à MALAGA lui a permis d'être à Rome à un rang
similaire dans la hiérarchie européenne, les USA, le CANADA et l'Australie la
devançant. Une courte victoire sur la NZL (8 à 7) pour la poule de 9 à 12 (et
une défaite 3 à 12 face à l'Italie) ainsi qu'un match nul dans la poule D face
au Brésil (12 à 12) auront suffi à son bonheur en la propulsant dans la poule
de 1 à 12 (à la différence de buts).
- La Chine (11ème): l'autre grande déception de ces CM 2009!
Incapables de reproduire le même niveau de jeu qu'en 2008, la Chine à qui
certains promettaient un avenir dans le water polo féminin, aura beaucoup perdu
avec le départ de Juan Jane. Sans une gardienne digne de ce nom, nul avenir
dans le water polo moderne actuel. Si les joueuses de champ peuvent soutenir la
comparaison avec les autres équipes du top 8 (comme à Pékin), la gardienne
chinoise a coûté «très cher». 7 à 10 (HUN), 10 à 11 (Italie), 9 à
12 (USA), 5 à 9 (ITA), le nombre de buts encaissés a toujours été trop
important pour espérer battre des équipes de ce niveau. La chine n'était pas
présente aux championnats du monde 18 ans 2009 en Russie. Pas un très bon signe
pour l'avenir de cette discipline en Chine! Un vrai manque de culture que
«l'obligation» des JO de 2008 n'aura pas suffi à transformer....le
titre de vice championne du monde Juniors à Porto (2007) pour la génération 87
n'aura pas eu de prolongement non plus....
- La Nouvelle Zélande (12ème): toujours présente dans les grands rendez vous
continentaux par le biais des quotas continentaux, la NZL reste une équipe
«anglo-saxonne» où le sport féminin est ancré culturellement. Mais
ce petit pays ne peut rivaliser durablement avec les grosses écuries mais tente
de résister (comme le prouve son 7 à 9 contre la Hollande). La victoire 12 à 5
face à l'Afrique du sud le premier jour lui a assuré sa place dans les 12
premiers mondiaux. Les autres défaites (6 à 12
CAN / 4 à 14 AUS/ 7 à 8 GER/ 9 à 16 CHN) lui permettent de rester au contact du haut
niveau international, mais sans espoir de «bien» figurer un jour
sur un podium mondial. La NZL était déjà 12ème à Melbourne et 12ème à Montréal!
- Le Brésil (13ème): 13ème à
Montréal (2005), 10ème à Melbourne (2007), le Brésil à l'image de la
NZL reste un pays où la pratique du water polo ne prendra jamais un caractère à
100% professionnel. 4ème du groupe D après 2 défaites honorables (7
à 11 NED/6 à 12 ESP) et un nul contre l'Allemagne (12 à 12), elle ne rate le
tableau de 1 à 12 qu'à la différence de buts (un seul!) face au premier
du groupe (Espagne). L'Allemagne est à -5 (12 à 17° et le Brésil à -6 (6 à 12).
Une victoire facile face à l'Afrique du Sud (16 à 2), puis face au KZH (11 à 8
après prolongations et pénalties) lui permet de terminer ces CM avec l'espoir
un jour de faire mieux que 10ème. La relève a du mal à s'extirper
des profondeurs du classement des CM Juniors 20 ans ou 18 ans (entre la 14ème et 15ème place) en 2005, 2007 ou 2009.
- Le Kazakhstan (14ème): 13ème en 2007, absente en 2005, cette équipe du continent asiatique a encore plus de
mal que les deux précédentes pour émerger au plus haut niveau international.
Cette ex république russe, reversée de l'Europe en Asie, profite des quotas
continentaux pour exister et participer. 6ème et dernière aux JO de
Sydney au titre du continent asiatique, elle a terminé 8ème et
dernière à Athènes mais n'était pas présente à Pékin (quota pris par
l'organisateur). Son meilleur résultat à Rome est une défaite 6 à 12 face à la
Grèce au 1er tour du groupe B. Sa voisine russe lui a infligé un 23
à 4 cinglant. Elle s'est vengée face à l'Ouzbékistan 16 à 4 avant de s'incliner
face au Brésil après prolongations et pénalties. Avec l'argent du gouvernement
et du pétrole le sport est soutenu au Kazakhstan et on reverra ces jeunes
filles mais pas au même niveau que leurs voisines russes!
- L'Ouzbékistan (15ème): sa seule
victoire face à l'Afrique du Sud (16 à 9) lui permet de terminer 15ème et d'éviter la «cuiller de bois». 3 à 20 (ITA), 6 à 28 (CHN), 5 à
18 (HUN), les défaites furent lourdes et l'expérience limitée.
- L'Afrique du Sud (16ème): le seul
représentant du continent africain essaie de prendre un peu d'expérience avant
les JO de Londres 2012. 5 défaites en 5 matches avec de gros écarts, tel est le
bilan de ces CM 2009. C'est la première apparition des Africaines du Sud à un
championnat du Monde. Espérons que ne ce sera pas la dernière, mais les
difficultés sont énormes ...
Conclusions du tournoi féminin
- Une évolution
du water polo féminin, devenu olympique depuis les JO de Sydney (2000),
nous pousse doucement vers une pratique qui ressemble à celle des garçons.
D'ailleurs l'arrivée d'entraîneurs ayant évolué chez les garçons est aussi un
«signe» (Jane en Espagne, Kabanov en Russie). La spécificité du
water polo féminin chez les coaches est «moins marquée» qu'auparavant.
Les fondamentaux restent les mêmes pour tout le monde.
- L'engagement
physique y est de plus en plus important. Les gabarits évoluent aussi mais
n'ont pas encore le même impact, certaines équipes (Grèce, Espagne, etc...)
alignant des jeunes filles aux mensurations «normales», mais d'un
dynamisme et d'une vitesse d'exécution remarquables, fruit d'un travail de
préparation physique identique ou proche de celui des garçons.
- Les
collectifs sont remarquables et la discipline
affichée a souvent fait la différence chez les meilleures (USA/RUSSIE...).
Les individualités ont certes leur importance, mais la profondeur de banc et le
doublement voire le triplement des
postes restent essentiels pour «durer» dans un match et dans un
tournoi aussi long que les CM ou les JO.
- Comme chez les garçons les résultats entre les
11/12 premiers ont été relativement «serrés», la NZL étant par
exemple d'accrocher sur un match la Hollande (7 à 9 après avoir mené une grande
partie du match!).
- La capacité
à enchaîner les matches et à être «régulier» reste aussi la
marque des «grandes» équipes. Un minimum de standard de jeu pour
éviter les matches «piège» comme la Hollande face à la NZL , mais
la marge semble quand même plus importante pour le water polo féminin que pour
le masculin (à ce jour).
CONCLUSION GENERALE
- Deux beaux tournois masculin et féminin. On
regrettera cependant qu'en dehors des matches de l'Italie le soir, le public
été beaucoup moins nombreux que pour les JO (Athènes ou Pékin).
- Le chemin pour atteindre le niveau de jeu
observé tant chez les Dames que chez les Messieurs ne fera pas l'économie de
passer par celui des clubs avant de se poursuivre en Equipe Nationale.