
Association des clubs de water-polo francais

La suprématie des pays de l'Europe de l'Est met peut-être en danger la présence du water-polo aux Jeux Olympiques. Si nous voulons assurer la présence aux Jeux Olympiques du water-polo après Rio de Janeiro en 2016, nous devons être présents sur tous les continents. Nous avons besoin d'un programme comme celui qui a été créé par la Fédération Internationale de Volley-ball et qui atteint des résultats impressionnants, confie Marc Crousillat riche de son expérience dans ce domaine par le biais de sa société.
WPD : Sostar, Kemeny et beaucoup d'autres ont déclaré que le développement du water-polo est étroitement lié à sa répartie sur 5 continents. Qu'en pensez-vous ?
M.C : Ils ont entièrement raison. Tout d'abord, c'est une obligation en tant que discipline olympique. Si nous voulons assurer notre présence aux Jeux Olympiques, nous devons être présents dans le monde entier. La crédibilité de notre sport dépend en dépend. Le water-polo exige une longue période d'apprentissage souvent plus difficile que dans la plupart des autres disciplines. Les grandes nations et les décideurs doivent tenir compte du fait que, en l'absence de "petits pays", notre sport va mourir. Nous avons besoin de catalyser notre développement et cela passe par, non seulement le développement du haut niveau, mais aussi par la vulgarisation du water-polo auprès des enfants et du public. La Fédération Internationale de Volleyball a créé il y a quelques années un programme de développement de la pratique dans certains pays (Afrique, Indonésie ...). Ils ont envoyé des instructeurs munis du matériel adéquat (équipement technique) à travers le monde et les résultats sont vraiment impressionnants. Ce type de programme devrait être financé par les fédérations internationales car cela fait partie de leur mission. Elles ont désormais les moyens de consacrer une partie de leurs bénéfices au développement.
WPD : Que faire pour encourager une plus grande diffusion du water-polo sur les cinq continents ?
M.C : Les actions doivent se faire à deux niveaux : du côté
politique, nous devons être très influents partout dans le monde. Chaque fois
qu'une piscine doit être construite (ou reconstruite), nous devons veiller à ce
qu'elle puisse accueillir des compétions de water-polo (taille, profondeur, etc.).
D'un autre côté, nous savons tous que (je ne parle pas des pays forts) le
water-polo est une affaire de quelques personnes, parfois même d'une seule. Je
me souviens que, il ya 20/25 ans la Suède était un pays important du water-polo
mondial. Le water-polo suédois reposait sur les épaules de deux frères
(jumeaux), l'un arbitre l'autre, délégué de la LEN. Aujourd'hui, cette nation a
disparu des compétitions internationales. Une fois encore, la FINA et la LEN
doivent aider ces gens à la formation des entraîneurs de jeunes, de haut
niveau, à l'organisation de tournois, etc.
Ceci est maintenant essentiel, le Polo est une petite famille, il est temps de
penser à nos petits frères.
WPD : Dans ce sens, le Beach polo et l'Haba Waba Festival peuvent être un vecteur important de promotion ?
M.C : Ces deux choses sont très bonnes pour le water-polo. Haba WABA est une belle expérience pour nos enfants. L'été dernier, nous avons envoyé deux équipes de Marseille. Les enfants sont revenus avec beaucoup de bonheur dans leurs yeux. Ils sont marqués à vie ! Waba Haba devraient être encouragé et développé avec l'aide des fédérations. Ceci est notre avenir.
WPD : Beaucoup de gens affirment que vous avez besoin de jouer plus de matchs en Euroligue. Etes-vous d'accord ? Pensez-vous que la formule actuelle est juste ? Sinon, quel genre de formule vous suggèreriez ?
M.C : Les clubs ont besoin de plus de rencontre en Euroligue. Au cours de la dernière réunion entre les clubs, nous avions tous été partisans de jouer davantage : d'un côté, les "grands" clubs ont besoin de jouer plus de matches à domicile pour le public et les sponsors, et aussi parce que leur championnat national n'est pas souvent très relevé ; d'un autre côté, les clubs plus modestes ont besoin de jouer plus avec les meilleures équipes européennes pour s'améliorer. Je soutiens (comme la plupart des clubs) une formule à 4 groupes de 6 équipes : cela donnera un minimum de 10 matches dont 5 à domicile. Nous avons aussi besoin d'organiser une couverture audiovisuelle de l'Euroligue réalisée par des chaînes télé professionnelles.
WPD : Que pensez-vous de la Ligue Mondiale telle qu'elle est structurée ? Que doit-on faire pour l'améliorer ?
M.C : Puisque les coûts de transport représentent une importante partie du budget, je pense qu'il pourrait être judicieux de jouer 2 matches à chaque fois pour ne pas dépenser 12000 à 15000 euros pour une seule rencontre.
WPD : L'équipe de France a fait de grands progrès : Quand est la dernière étape qui assure la stabilité parmi les grandes nations du monde?
M.C : En décembre dernier, le Président de la Fédération Française de Natation nous a donné l'opportunité de construire un nouveau programme fort pour notre équipe nationale. Nous avons maintenant un nouvel entraîneur, Petar Kovacevic, et commencé à bâtir un programme avec plus de 100 jours de stage par an. Nous pouvons déjà voir les premiers résultats de ce programme, mais le water-polo est un sport difficile et vous avez besoin d'un minimum de 4 ans pour construire des joueurs de haut niveau et une équipe sérieuse. Nous avons des objectifs à court et long terme, tels que la qualification au Championnat d'Europe en Croatie, mais en même temps, nous avons besoin d'inclure de jeunes joueurs pour assurer l'avenir. Nous avons beaucoup de travail à faire et de progrès dans de nombreux points, mais le groupe est jeune et très motivé. Si nous continuons à travailler j'espère que d'ici deux ans nous commencerons à être plus respectés.
Adriano Vannucci