
Association des clubs de water-polo francais

Invaincu depuis treize rencontres, le RN 89 a fini par trébucher lors de la 14ème journée de championnat N1. Son bourreau n'est nul autre que Taverny intraitable à domicile depuis le début de l'année. La TSN s'impose 15-12 (4-4, 5-0, 4-3, 2-5) et revient à 4 longueurs du leader rémois.
Toutes les bonnes choses ont une fin. Plus une série dure, plus elle se rapproche de la fin. Depuis le début de la saison, toutes les phrases ont été utilisées pour parler de la future défaite de Reims. La seule question était de savoir contre qui cela se produirait. Invaincu dans sa piscine, battu à une seule reprise lors du match aller à Reims (12- 10) et véritable trublion de la poule, le club du Val-d'Oise faisait assurément parti des outsiders. Et c'est exactement ce qui est arrivé samedi dernier à Taverny dans une ambiance pour le moins étonnante. Plus de 300 spectateurs, armés de grosses caisses et autres trompettes, étaient massés dans les travées de l'enceinte.
Taverny SN 95 - Reims Natation 89 : 15-12 (4-4, 5-0,
4-3, 2-5).
Evolution du score : 0-2, 3-2, 3-3, 3-4, 9-4, 9-5, 11-5, 11-6, 13-6,
13-11, 15-11 et 15-12.
Taverny : J. Bourgès - A. Tagand, M. Crvenko 1 (2 fautes), L.
Pouillier 3 (3 fautes), M. Samardzic 1 (1 faute), V. Dukic 4 (2 fautes), S.
Miart (1 faute), W. Vadurel, E. Jahrling 2, R. Beaumelou 4 (2 fautes), Y.
Cochain, J. Cériani, B. Cériani. Coaches : M. Amardeilh et L. Notreami (2 TM en
3ème et 4ème périodes).
Reims : P. Poulain - A. Barthow, N. Missy, S. Krivocapic 6, M. Milas 2,
G. Sellier 1 (2 fautes), B. Prime, E. Juhasz 2 (3 fautes), E. Bahna, A. Gallet,
R. Marcy 1 (1 faute), X. Legranger, R. Barthow. Coach : F. Missy (1 TM en 2ème
période).
Arbitres : D. Nowak et L. Charletoux.
Supériorités numériques : Taverny 2/6, Reims 5/9.
Pénaltys : Reims 2/2
Joueurs éliminés : E. Juhasz (RN89) à 1'37 de la fin de la 3ème période
et L. Pouillier (TSN95) à 4'36 de la fin du match.
Les premières minutes de la rencontre ne laissaient rien présager d'une
telle issue. Au bout de trois minutes, Milas et Sellier permettaient aux Rémois
de mener (2-0). Mais très vite, la machine se rouillait. Beaumelou, joueur
majeur de la formation Val d'oisienne remettaient les deux équipes à égalité.
Le deuxième but intervenait suite à un lob astucieux sur Poulain (2-2 à
4'29''). Dans les tribunes l'ambiance était alors de plus en plus chaude. A la
fin du premier quart, Taverny et Reims restaient dos à dos (4-4).
Le deuxième quart-temps, allait voir un vide total côté champenois. Durant dix longues et interminables minutes, les hommes de Franck Missy étaient incapables de trouver la mire. Pire. Ils encaissaient la bagatelle de cinq buts. A la pause, Milas et les siens étaient k.-o debout (9-4).
Le reste du match n'avait alors plus d'intérêt. Trop de précipitation Les Franciliens allaient régulièrement au bout de leurs trente secondes avant de tirer, tandis que Reims manquait la plupart de ses offensives en se précipitant trop. Résultat, malgré trois buts de Krivokapic ramenant les siens de 13-7 à 13-11, les Rémois enregistraient leur premier revers de la saison, dans une ferveur incroyable. Malgré cette défaite, le RN 89 possède quatre longueurs d'avance sur Taverny.
Arrivé à Reims il y a treize ans, en
provenance de Denain, le gardien était déjà dans l'eau lors de la dernière
accession du club en Elite, en 2002.
Le capitaine a tout connu là-haut : maintien via les repêchages, qualification
en Coupe Comen non honorée faute de budget, relégation... Beaucoup de
frustrations mais il a quand même envie d'y regoûter. Avec encore quatre points d'avance sur la TSN 95, le RN89 est aux portes de
l'Elite à condition de ne plus faire de faux pas.
« La pression est sur Taverny »
Philippe, vous allez sans doute vivre votre deuxième montée avec Reims. Ces
deux accessions sont-elles similaires ?
« Il y a des ressemblances. Lorsque nous sommes descendus en 2001, nous avions quasiment tout perdu et l'état d'esprit n'était pas terrible entre nous. C'était la même chose en 2007 où nous n'avions gagné que le dernier match. Aujourd'hui, je retrouve l'ambiance de mon arrivée avec les Kostia Cochelin, David Peucheret... On sort moins qu'à cette époque parce que le niveau s'est élevé mais on se rapproche de l'enthousiasme des meilleures années rémoises. »
Vous avez pris les rennes de la N1 dès le début de championnat et vous ne
les avez lâchées. Etait-ce un objectif de début de saison ?
«L'objectif était d'être dans les deux premiers. On pensait être derrière
Taverny. On veut maintenant rester devant lui. »
Recueilli par Ph.L.