
Association des clubs de water-polo francais

Depuis 2007, la photographe Claudia Imbert s'est plongée dans les eaux du bassin Pierre Garsau de Marseille. Accueillie par le Cercle des Nageurs, cette photographe de renom a passé du temps auprès des poloïstes azuréens pour nous transmettre ses images fortes et étonnantes. Ce mardi 27 avril à 0h05 sur Arte, regardez le water-polo avec les yeux de Claudia, c'est une autre façon de filmer le sport !
La photographe et camerawoman Claudia Imbert s'est « immergée » pendant plusieurs semaines dans l'univers des poloïstes du Cercle des Nageurs de Marseille, lieu mythique de la natation française. Avec un souci du détail, elle passe en revue les différents aspects de ce sport, entraînement, compétition, travail de l'entraîneur... Claudia Imbert a aussi demandé aux poloïstes de refaire spécialement pour sa caméra, les mouvements fondamentaux les plus pratiqués lors d'un match : attaque, défense, charge, lancer, sprints... Elle s'attarde également sur les gestes étranges des sportifs dans le feu de l'action, les couleurs de l'eau, les bruits assourdissants pendant le match ou encore le rituel des échauffements.
Et aussi des portraits de poloïstes, face à la caméra, nouant chacun à sa façon les lacets de son bonnet qui leur donne un air faussement poupin et débonnaire.
Cette émission est un essai filmique, documentaire et poétique sur le water-polo. C'est aussi un spectacle sportif de télévision, une autre façon de filmer le sport.
Peux-tu te présenter brièvement et nous décrire ton chemin d'artiste ?
Je viens du cinéma. Tout mon parcours est marqué par le travail d'assistante opérateur et d'opérateur. À cette époque, je photographiais déjà, mais je voulais développer mes projets personnels et j'avais besoin de m'engager totalement.
En 2006, mon petit garçon est né. Sa naissance m'a permis de sauter le pas et d'inventer quel photographe je serai. De me retrouver, de me positionner comme artiste. L'aventure a réellement démarré en 2007.
Comment es-tu venue à t'intéresser au water-polo ? Et pourquoi t'y intéresses-tu ?
C'est une histoire d'enfance. Ma grand-mère habitait Marseille et quand j'allais la voir, on se baignait à la plage des Catalans en contrebas du Cercle des nageurs. C'est une véritable forteresse qui s'avance sur la mer en début de corniche. J'y apercevais les nageurs, les poloïstes et ils m'impressionnaient beaucoup. Des années plus tard, j'ai été invité à nager là-bas, et je me suis retrouvée portée par ma rêverie enfantine. J'ai commencé par photographier le lieu, puis l'idée de poursuivre ce travail s'est imposé. Et après c'est une belle histoire... la rencontre avec les garçons, Rémi, Julien, et leur manière de parler de leur sport.
Ils passent 7 heures par jour dans l'eau, ils sont totalement engagés. Les heures d'entraînement et la tension des matches leur permettent parfois d'atteindre un état particulier qu'ils appellent l'envol : lors d'un saut, ils ne sont plus dans l'eau mais pas encore dans l'air, ils sont dans l'entre-deux. Je crois que c'est assez jouissif et rare. Telle la photo de Rémi. Il réalise un effort physique incroyable et pourtant il paraît détendu, ses mains sont entièrement relâchées, il est dans l'ascension et déjà dans la chute. C'est de l'ordre de l'extraordinaire.
Cela m'a donné envie de les remettre en scène, de créer une sorte de théâtre. L'idée n'était pas de recréer les gestes du polo mais de retrouver l'élégance, la magie qui se dégage de leur attitude.
De travailler avec les poloïstes non plus en les photographiant mais en les filmant, cela a-t-il changé vos rapports de travail ? Est-ce qu'ils ont été surpris par ce que tu leur demandais ?
Je ne pouvais leur offrir la même patience que pour les prises de vues précédentes, on avait un temps de tournage précis à respecter : j'étais donc plus exigeante. Mais la complicité établie avec eux en amont m'a permis de pousser certains d'entre eux assez loin. Ils ne posaient pas de questions, ils me suivaient.
Petit extrait :