
Association des clubs de water-polo francais

La ligue mondiale féminine joue actuellement sa deuxième manche à Nancy. L'occasion pour l'entraîneur fédéral Christophe Bachelier de dresser un état des lieux de sa discipline.
Le premier match de l'équipe de France féminine a mal tourné mardi à Nancy. Pour leur entrée en lice, les Bleues ont bu la tasse contre la Hollande, championne olympique en titre (16-6). « C'est un peu lourd à l'arrivée », constate le Mosellan Christophe Bachelier qui préside aujourd'hui aux destinées des tricolores après avoir fait les beaux jours de l'ASPTT Nancy. « Il y a eu une période de trop mais je ne suis pas mécontent de notre première mi-temps. »
Cette deuxième manche de la World League est moins un objectif prioritaire qu'« un laboratoire d'essai » avant l'échéance phare du calendrier international, l'Euro 2012, dont les qualifications débuteront en septembre. Car la France accuse un retard patent sur ses homologues grecques, espagnoles ou bataves. « On n'a pas su saisir la balle au bond après les médailles de bronze de 87 et 89 en championnat d'Europe, déplore le cadre technique. Il n'y a pas assez de pratiquantes en France pour jouer sur la masse. Alors on mise sur la qualité. » Tout en restant dans le domaine du sport amateur, contrairement aux pays leaders qui ont su se structurer autour de cette discipline méconnue.
Pour viser plus haut, il faudrait justement se doter d'autres moyens. Christophe Bachelier ne dit rien d'autre : « On souffre d'un problème d'installation et de créneaux, précise-t-il. Sans parler d'un Marcoussis ou d'un Clairefontaine, il nous faudrait un bassin de 50 m sur 20 entièrement dédié au water-polo, ce qui n'existe pas en France. Nous sommes donc obligés de nous expatrier pour nos stages. La Fédération devrait servir d'exemple... Nous, on demande juste un outil de travail. Si on avait ce bassin, il serait rempli toute l'année. »
Seuls Nice et Nancy...
Statut amateur oblige, l'équipe de France est soumise aux départs fréquents de joueuses soucieuses d'approfondir leurs études ou d'intégrer le monde du travail. « Chaque année, une ou deux filles de valeur arrêtent, confirme le coach. On renouvelle tout le temps alors qu'on aimerait stabiliser un effectif pour deux olympiades. »
Reste enfin le manque de concurrence dans un championnat de France « bipolaire ». Avec 13 couronnes nationales et 15 participations en coupe d'Europe, Nancy reste une place forte aujourd'hui contestée par un seul et solide rival : Nice. Autrefois, c'était Bordeaux ou Créteil. Il est donc légitime de retrouver un noyau dur lorrain en équipe de France avec cinq Nancéiennes dans l'effectif : Lou Counil, Léa Bachelier, Clémence Clerc, Marie-Charlotte Grand et Léa Bauschière. ces dernières s'écharpent toute la saison avec leurs concurrentes niçoises avant d'évoluer à leurs côtés sous la tunique tricolore. « Des rivalités existent parfois mais les filles sont assez solidaires actuellement, apprécie leur entraîneur. Ce n'est pas évident de demander aux joueuses de penser aussi à l'équipe nationale et, de mon côté, je les récupère pour essayer de leur faire jouer la même musique en même temps. J'ai actuellement une équipe en pleine mutation mais elle fait des progrès et me semble prometteuse. » Avec ses moyens.
Est Républicain : Christian JOUGLEUX