
Association des clubs de water-polo francais

Gilles Madelénat, 43 ans, possède un palmarès bien garni, aussi bien en tant que joueur, il effectua l'essentiel de sa carrière avec les Dauphins de Sète, qu'en tant qu'entraîneur. Sélectionné olympique pour les JO de Barcelone en 1992, il prit également part, en tant que joueur, aux championnats d'Europe A à Athènes et aux Mondiaux de Perth en 1991 tout en cumulant 3 participations aux Universiades (1991-1993-1995). En charge de l'équipe de France militaire jusqu'à la disparition de la conscription, le Normand (il est né à Coutances), professeur d'EPS, était, jusqu'à présent entraîneur de l'INSEP et de l'équipe de France juniors. De retour des championnats d'Europe "17 ans" au sein desquels l'équipe nationale a pris une très belle 5ème place, en passant notamment l'Espagne et la Hongrie, le coach des "Bleuets", a bien voulu répondre à quelques questions.
ACWF : "Quel est ton avis quant à la saison du Pôle France INSEP ?"
G. Madelénat : "Elle s'est bien mieux passée que l'an dernier. Nous avons pu rattraper le retard consécutif à l'incendie ayant détruit la piscine de l'INSEP. Disposer, de nouveau, d'une piscine est un luxe, jouer en grand bassin à domicile aussi ! Notre 6ème place en N1 reste un résultat correct pour la seconde année à ce niveau de la génération des joueurs nés en 1993 même si on pouvait, je pense, encore mieux faire. C'est, au final, le meilleur classement de l'INSEP depuis sa création, le même résultat que les "87".
ACWF : "Comment s'est déroulée la préparation de l'équipe nationale "17 ans"?"
G. Madelénat : "On a débuté en février avec un groupe volontairement élargi. Lors du second regroupement, à Pâques, nous avons profité de l'opposition des clubs du secteur, Noisy-le-Sec et Choisy-le-Roi, le soir, après nos deux séances durant la journée. Nous sommes allés nous "frotter" aux Hollandais et aux Allemands durant un week-end complet mais n'avons pas eu l'opportunité de disputer un tournoi avant l'été d'autant que les Allemands ont décliné la reconduction d'une opposition sur deux jours dans la mesure où, après le tirage des groupes de l'Euro de Stuttgart, nous pouvions les rencontrer au second tour. Les Hollandais ont donc été leurs seuls invités !"
ACWF : "Comment s'est donc poursuivie la préparation durant l'été ?
G. Madelénat : "Nous avons entamé la phase finale de notre préparation dès la fin des championnats de France 17 ans à Nice par deux jours de stage avant de partir en Slovaquie à Novaky. J'ai fais le choix de conserver le même groupe de 14 joueurs de ce stage jusqu'au dernier match de l'Euro. Beaucoup ont découvert ce qu'était le haut niveau de compétition durant les tournois de préparation de l'été puisque là, les garçons avaient été confrontés à des nations d'un standing moins élevé, l'Ukraine par exemple. Pour la première fois de leur carrière, ils ont donc "croisé le fer" avec les Australiens, les Serbes, les Hongrois ou les Croates. Si nous, je veux parler du staff (Alex Donsimoni et Hugues Foucart), avons été rassurés par l'investissement individuel des joueurs, mais aussi sur leur capacité à jouer en équipe. Nous avons aussi constaté que le groupe était assez irrégulier sur une même rencontre ou sur un enchaînement de plusieurs matchs. Forts de ce premier constat, nous avons ensuite embrayé, après une courte mais nécéssaire coupure, par le tournoi d'Acireal, en Sicile, tournoi toujours très relevé.
ACWF : "On a entendu pas mal de choses concernant le tournoi d'Acireal. Que s'est-il réellement passé ?"
G. Madelénat : "Ce tournoi, qui a été organisé pour la première fois en 2001 suite aux décès de 4 joueurs lors d'un accident de voiture au retour d'un déplacement à Bari en 2000, est toujours "très spécial" pour les locaux. La situation s'est tendue au niveau du groupe. Après un assez bon début de tournoi, deux courtes défaites face au Monténégro et à la Hongrie, nous avons même eu l'occasion de battre les Magyares, nous nous sommes aperçus que les joueurs ne respectaient plus vraiment les consignes et que le groupe jouait moins collectivement. Résultat des comptes, une déroute contre l'Allemagne (9-5), formation pourtant largement battue par l'INSEP (15-5) dans l'année ! J'ai annoncé au groupe que je ne pouvais endurer ce genre de résultat et que si mon discours ne passait plus, je le quitterai suite au tounoi. Nous étions à 3 semaines du début de l'Euro et je dois vous avouer que j'avais pris la décision, à chaud, de quitter l'aventure. J'ai même souhaité bonne chance à l'équipe pour la suite ! Je remercie, au passage, mes deux assistants qui ont su trouver les mots et les arguments pour me faire changer d'avis car je me voyais mal mettre un terme à 2 ans de travail après un échec contre l'Allemagne. L'équipe s'est réunie et ensuite, nous avons échangé concernant un certain nombre de sujets qui la concernait, la concurrence au sein du groupe, les postes de chacun ou les efforts collectifs qui restaient encore à faire pour optimiser nos résultats. Bref, des sujets bien légitimes pour un sport collectif ! Enfin, lors de cette réunion, un joueur m'a posé une question surprenante qui concernait mon vécu poloïstique, ma carrière de joueur, car il avait entendu dire que je ne comprenais rien au polo ! Je remercie le joueur qui a "levé le lapin", il a rendu un fier service à cette équipe car cela a été l'occasion de dissiper les malentendus et de parler des "non dits" qui existaient jusqu'à présent. Après mûre réflexion, j'a coupé deux jours du groupe qui partait à Mulhouse, j'ai décidé de poursuivre l'aventure."
Suite de l'interview très prochainement avec des questions qui seront l'occasion pour Gilles Madelénat de nous raconter les championnats d'Europe tels qu'il les a vécus et d'évoquer avec lui son devenir poloïstique.