
Association des clubs de water-polo francais

Le 5ème, et très attendu, communiqué fédéral est enfin paru sur le site de la Fédération Française de Natation ce jeudi 10 février 2011 (les passionnés de water-polo sont meurtris depuis le triste samedi 5 février, date à laquelle les dix clubs de l'Elite sont, au regard du règlement, "forfait général"). La "toute puissante" FFN utilise, depuis le début du triste (mais salvateur ?) épisode connu par le water-polo national, une méthode déloyale appelée la désinformation. Il convient de remettre les choses en ordre devant l'aveuglement qui frappe ce que les légalistes appellent "la matrice nourricière". L'ACWF tient à préciser que si elle a appelé à arrêter de jouer dans les trois meilleures divisions nationales en terme de niveau de jeu, c'est parce qu'il n'y a tout simplement plus assez d'arbitres pour que les championnats puissent se dérouler dans des conditions sécures et équitables (les matchs de la journée du 15 janvier se sont déroulés dans des conditions inacceptables). En effet, les présidents des clubs membres de l'association (qui représentent plus de 90% des clubs de l'Elite et des Nationales 1) constatent que seuls six arbitres des trente-cinq (un est encore suspendu jusqu'au 12 février prochain) que comptent les catégories A et B (catégories compétentes pour officier en Elite, N1 et N1F) sont disponibles à l'heure actuelle. Par ailleurs, l'ACWF souhaite depuis le début (quatre courriers ont été envoyés à la FFN) que la fédération accepte juste de réunir, en urgence, l'ensemble des acteurs du water-polo français pour continuer le dialogue initié lors d'une première réunion, qui s'était tenue le 18 janvier 2011, restée malheureusement sans lendemain depuis. Les clubs qui composent l'ACWF estiment que la réunion du 26 février, proposée par le président de la FFN, ne prend pas en compte l'urgence de la situation (quatre journées de championnat étant prévues entre le 22 janvier et le 19 février). Mais plus généralement, comment une fédération comme la FFN, dont les résultats en natation course sont exemplaires, peut-elle laisser "glisser" une situation au point qu'elle en devienne absurde ? Les forfaits présumés, les résultats ont été rentrés sur le site fédéral avant même que l'heure des matchs soit passée et sans que des officiels puissent les constater (c'est après tout normal puisqu'il n'y a plus assez d'arbitres !), nous conduisent vers des situations que l'on peut qualifier d'ubuesques (cf. Le "vrai faux forfait" du RC Arras ou le mécontentement du club des Canards Rochelais ayant constaté avoir remporté une rencontre par forfait alors que ses propres joueurs ne se sont pas présentés au bord du bassin !) ! Comment garder l'estime de professionnels qui agissent au mépris, non seulement, des règlements mais aussi de l'éthique sportive ? Au final, le principal constat pouvant être fait est que la FFN, à qui l'Etat a notamment confié la mission d'organiser les championnats de water-polo, est dans l'incapacité d'assumer la tâche pour laquelle les clubs ont payé des droits d'engagement. L'ACWF, qui réunira ses clubs membres à Paris le 19 février, demande officiellement, une nouvelle fois, au président Francis Luyce, ce dernier semble décidément très mal conseillé, de prendre enfin ses responsabilités de dirigeant pour mettre un terme à la Pantalonnade, ou plutôt à la "Pantinlonnade", actuelle en réunissant, le plus rapidement possible, l'ensemble des forces vives du water-polo national afin que ces dernières puissent envisager l'avenir avec de réelles perspectives. Le water-polo français a besoin de grandir et d'évoluer pour reprendre la place qui était la sienne, jusqu'en 1992, aussi bien dans le concert des nations que sur la scène sportive nationale.
Robert Brossé